C’est le printemps, mais tout est encore gelé



C’est le printemps, mais chez nous ça gèle. Ça gèle les postes à tour de bras.
Enfin, non pardon, on ne les publie juste plus (V explications plus bas). Au menu de ces RP : un point emploi donc, l’absentéisme qui continue sa progression chez nous, le bilan de l’assistante sociale, le plan formation dans le flou total …
Plan de formations, le flou demeure
Alors que, souvenez-vous, le plan de formations présenté durant l’instance de janvier nous avait passablement ému, nous demandons si les formations fantaisistes, contraires à nos accords d’entreprise, en ont été « expurgées ».
Exemples.
- Un rédacteur reporteur, non CC1, pour une formation UTS ? « Ha heu oui, il faut qu’on revoie les choses »
- Système de diffusion des infographies sur Avid pour un rédacteur ? « Ha heu on ne sait pas »
- Adobe Première pro (logiciel de montage) pour un rédacteur alors qu’aucun monteur de la station, nous y reviendrons plus tard, n’a pu en obtenir une ? « Heu »
- Mise en œuvre technique et artistique de la lumière : pour un responsable de régie ? « Une erreur, cette formation ne correspond pas aux besoins, elle n’aura pas lieu. »
Figurez-vous qu’on ne sait (toujours) pas. Le plan de formation n’est pas « actualisé puisqu’il évolue au fur et à mesure. Des formations sont annulées, d’autres au contraire se rajoutent ».

Nous restons donc en plan, sans nouveau document. La direction s’engage à faire le ménage, nous devons « lui faire confiance ». Nous attendrons surtout avec grande impatience le bilan des formations. Pour voir, si par le plus grand des hasards, ces formations ont été suivies ….
Quant à l’origine d’un tel phénomène : « un problème de filtrage » nous dit-on. Effectivement, ce ne sont plus des trous mais des cratères dans la passoire RH.
Point emploi, ça ne gèle plus, ça dépublie (mais le résultat est sensiblement le même)
On prend les mêmes et on recommence.
À cette nuance près, alerte élément de langage, que les postes ci-dessous ne sont ni gelés, ni supprimés, mais simplement pas publiés.

Si vous voulez, on gèle leur publication. Ou on publie leur gel. C’est selon…
- Le poste de technicien vidéo, suite au départ à la retraite d’un technicien en mars, ne sera pas publié. La direction attendant, assez étrangement, « les échéances électorales » avant de se prononcer.
- Le poste d’opérateur prise de vue : gelé (non publié quoi)
- Le poste d’éclairagiste : supprimé
- Le poste d’opérateur prise de son : gelé
Petit bilan de ces temps glaciaires : depuis 2011, l’antenne d’Alsace est passé de 40 techniciens à 22. Et c’est loin d’être terminé puisque la direction nous annonce une économie de 7.8 ETP (équivalent temps plein) à faire dans le Grand-Est en 2025.
- Sur le poste de chargé de communication, la candidature d’Audrey Gast sera proposée par la direction au copil emploi de mars.
- Celui de rédacteur profilé numérique a été remis en consultation le 14 mars. Le premier, intitulé « rédacteur numérique », n’existant tout bonnement pas à France Télévisions.
Point alerte OPV
Les conclusions de l’enquête paritaire sont bouclées. Une restitution sera faite aux représentants du personnel le 24 mars.
Alsace Insolite, c’est pas banal
Sur les quatre modules tournés mensuellement, trois le sont par les équipes légères (désormais rattachées au réseau, via la création d’un pool) et un par le chargé d’édition numérique.
La direction nous explique que les trois premiers sont des sujets de 3mn30 diffusés sur le web et le linéaire et reformatés en 9/16e pour les réseaux sociaux. Le 4e, lui, d’une durée d’une minute, est écrit et tourné exclusivement pour les réseaux sociaux.

Pourquoi cette distinction ? « Pour plus de souplesse et raconter les choses différemment sur les réseaux sociaux »
Sur quels critères éditoriaux est faite la distinction ? En gros, quels sujets pour les réseaux sociaux ? Lesquels pour le linéaire ? Là, pas vraiment de réponse, il semblerait que l’éditorial n’ait absolument rien à voir là-dedans.
La direction nous explique alors que nous n’aurions probablement pas assez de droits de tirage pour travailler davantage avec la Fabrique.
Sauf que les droits de tirage n’existent plus…
Puis que « sûrement » les équipes légères de Rennes ne sont pas disponibles pour tourner un 4e module mensuel. Lors du dernier CSE central, il s’est avéré qu’elles étaient au contraire en sous-activité.
Bref c’est incompréhensible. D’autant que les régions s’étaient engagées à faire travailler les équipes légères, si possibles au plus près de chez eux. Là, nous n’y sommes pas. Et qu’on ne vienne pas nous dire dans six mois qu’une équipe du pool est supprimée par manque d’activité. Nous serions très fâchés.
Autre problème, vous le savez, nos OPV sont eux-aussi en sous-activité. Pire en bore-out. Pourquoi ne pas les solliciter ?
Non seulement, une fois encore, l’accord, UTS (UTN c’est la même chose) en vigueur actuellement, n’est pas respecté, mais nous imaginons aussi que les CEN (Chargés d’édition numérique) ont déjà, de leur côté, beaucoup de travail à faire. Comme celui d’édition par exemple.
Une meilleure répartition de l’activité, c’est un collectif de travail plus apaisé.
Bilan assistante sociale
Difficile de faire un réel bilan avec si peu de salariés qui font appel à Social Direct.
Huit personnes sur l’antenne d’Alsace en 2024, un entretien par personne. Les ¾ en présentiel.
Pour un taux de recours dans le Grand-Est de 12.5% (7.9% dans le réseau).

Les thèmes abordés : les aidants, le logement, la santé et la famille.
Concernant les aidants, sachez que, depuis janvier 2025, vous avez droit, pour 4 personnes aidées à 66×4, 264 jours d’allocation proches aidants (AJPA), indemnisés par la CAF.
Bilan psychologue du travail
Là encore, difficile de faire un bilan. 65 entretiens avec Clémentine Crépin, la psychologue du travail Acca, pour tout le Grand-Est en 2024 dont 60 en présentiel.
Les grands thèmes restent peu ou prou les mêmes. Relations au travail dégradées, exigences émotionnelles, insécurité au travail (réforme de l’audiovisuel public, Ici …)
En Alsace, Acca a mené 7 entretiens en 2024 contre 22 en 2023. Dans ces (maigres) conditions, on ne peut parler de bilan, plutôt de « point d’étape ». Clémentine Crépin explique que la situation est plus apaisée, elle note moins de souffrances, moins intenses.
La situation de ces personnes-là du moins.
Pour le reste, ces chiffres ne valent pas grand-chose. Et quand cette dernière raconte qu’elle est désormais « bien identifiée » dans l’antenne d’Alsace et que « la confiance est bien présente », nous avons quelques doutes. Vu le nombre d’entretiens, la confiance nous semble, toute relative.
Absentéisme
Pour faire passer la pilule en douceur et au cas où nous comprendrions mal, les (mauvais) chiffres de l’absentéisme, c’est Steeve Labade, responsable des études RH à France Télévisions, qui nous présente, en visio le bilan 2024.
C’est vrai que nous, naïvement, on voit juste que c’est mauvais. Pire que l’année précédente qui était elle-même pire que 2022.
Bref, une analyse ras-les-pâquerettes, on vous l’accorde.
Mais en fait non, pas du tout ! Nous étions dans l’erreur. Avec un taux d’absentéisme de 6,82% pour le réseau et 8.78% pour l’Alsace en 2024, en fait, si on décrypte bien, c’est (presque) une bonne nouvelle.
Steeve Labade nous décortique les chiffres pour arriver à la conclusion que les longues maladies plombent notre taux « 70% du taux d’absentéisme, c’est huit personnes dont quatre en ALD, affection longue durée). »
Bon. Les absences de courtes durées (moins de 3 jours) impactent tout de même (V tableau ci-dessous) 41.26% des salariés de l’antenne. Ce qui ne peut tout de même pas nous réjouir.

Les services les plus touchés sont, comme d’habitude :
- Antenne et contenus
- Communication
- Rédaction
Les tranches d’âge les plus impactées sont les séniors : 27,62 % pour les 55-59 ans, 14.08% pour les 60-64 ans. La médecine du travail avait, déjà, mis en garde la direction sur la nécessité de réfléchir aux aménagements de travail pour les salariés les plus âgés. Visiblement, elle n’a pas été écoutée.
Nous non plus. Une fois de plus, nous faisons remarquer que ces statistiques ne peuvent constituer un bilan. Un bilan doit proposer des actions pour lutter contre cet absentéisme galopant.
Ce n’est pas le cas.
Nous faire la preuve, par les stats, que l’absentéisme en Alsace n’est « pas si pire », n’augure rien de bon pour la prévention des arrêts dans notre antenne.
PROCHAINE INSTANCE DE PROXIMITÉ : LE 23 AVRIL
