L’HOMOPHOBIE, pour la rédaction en chef de Polynésie la 1ère ça peut attendre avant d’en parler…

Mardi 17 juin, une vidéo sur Facebook fait le buzz en Polynésie, une dame tenant des propos diffamatoires et homophobes s’attaque à une candidate aux élections municipales.

14 minutes et 53 secondes de vidéo, traitant la candidate de, pardonnez-nous le terme : « Gouine » n’étant pas capable de mener sa commune si elle était élue en raison de son orientation sexuelle.

La dame visée par la vidéo, est devenue tête de liste à la suite du décès du maire sortant candidat à sa réélection. Cette élue est non seulement membre du conseil municipal sortant, mais elle est aussi une représentante élue de l’Assemblée Législative de la Polynésie Française qui bénéficie d’un statut d’autonomie.

La vidéo est partagée plusieurs milliers de fois par les internautes polynésiens… ce qui à l’échelle de l’hexagone équivaudrait à un tsunami numérique.

Alertée, sur ce qui passe, la rédaction en chef tergiverse, argumente, et décide d’attendre…

Le premier média à en parler sera Tahiti-Infos qui rapidement réalise une interview le mercredi même en live Facebook, du président de l’association LGBT locale qui va porter plainte.

Sur Polynésie la 1ère, TV, Radio, INTERNET, rien.

Le lendemain jeudi 18 juin, le sujet est abordé en conférence de rédaction, mais il est décidé qu’il ne sera traité que le vendredi.

Tahiti-infos sort un papier, tous les medias polynésiens en parlent, y compris la télévision concurrente qui positionne l’info juste après le budget du pays impacté par le Covid-19… et dans les éditions télé de Polynésie la 1ère. Rien.

Heureusement, une journaliste en radio, décide de braver les interdits et d’en parler lors de l’édition radio de midi, malgré le véto de la rédaction en chef qui veut garder ça au chaud pour le lendemain…  Un papier est réalisé par le rédacteur en place sur internet et publié vers 18H00, ça sauve l’honneur, non ?

La rédaction en chef a décidé de faire un sujet télé seulement pour le lendemain, vendredi 19 juin… et s’y tient… « C’est calé ! » Nous dit-on.

Ce sera dans les journaux TV de Polynésie la 1ère, en dernier, 48 heures après les faits et longtemps bien longtemps après l’ensemble des médias ! INADMISSIBLE !

Où donc est la responsabilité publique de France Télévisions dans le traitement de ce genre d’infos ? Ne sommes-nous pas censés montrer l’exemple notamment pour la diversité ! Un message pourtant largement soutenu par la présidente et la direction nationale pour mettre en place « FRANCETV Pour tou.te.s » au sein de l’entreprise et sur toutes les antennes.

Un message qui n’est hélas pas parvenu jusqu’à la rédaction en chef de Polynésie la 1ère.


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